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 Appuyé contre la rambarde. [Libre]

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Priam Ardalle
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MessageSujet: Appuyé contre la rambarde. [Libre]   Sam 31 Mai - 23:38

Lorsqu'il pénétra sur le balcon de son étage, Priam eut la joie de découvrir qu'il était vide. Il avait été contraint à la retraite par des voix stridentes s'échappant de la chambre qui jouxtait la sienne. Déconcentré dans sa lecture par les piapiatages, le jeune homme avait rapidement opté pour la solution traditionnelle : la fuite. Il aurait bien entendu put s'en aller taper à la porte voisine afin de réclamer le silence, mais pourquoi chercher le contact humain alors qu'on pouvait l'éviter ?

Le cou ceint d'une écharpe d'un vert sinople, le jeune homme avait donc migré vers un lieu qu'il espérait trouver vide au vu de l'heure. En règle générale, les toxicomas - qui se déplaçaient généralement en grappe - venaient satisfaire leur besoin maladif de nicotine (ou autre) à des horaires strictement définis. Le milieu d'après-midi n'en faisait pas partie. Priam ne leur jetait pas la pierre, partageant la même addiction. Par ailleurs il appréciait le calme relatif des futurs cancéreux. Fumer tue, certes, comme beaucoup d'autres choses, mais au moins cela tue en silence.

Le dos contre la rambarde de fer forgé, Priam sortit une cigarette puis extrait de sa poche quelque chose qui n'était pas un briquet mais un mini-dragon jusque là en plein sommeil. Sans prêter attention aux premiers grognements de la bête, il lui tira la queue avec une violence contrôlée. Par réaction, Typhon ouvrit grand sa gueule minuscule d'où s'échappa une faible flamme d'un bel orangé. Ayant pris soin de tenir sa cigarette face au museau du dragon, Priam se félicita de l'utilité de son animal de compagnie.

"Tortionnaire ! Homoncule ! Scrout puant !" l'avanit Typhon en battant follement des ailes pour s'élever à hauteur des yeux de son maître.

Eut égard à sa petite taille, les ailes du dragon-libellule devaient, pour lui permettre de s'élever dans les airs, battre à une fréquence si rapide qu'il était impossible de les distinguer. Elles émettaient alors un bourdonnement léger, semblable à celui d'une grosse mouche.

"Petite nature." rétorqua simplement Priam, un demi-sourire au coin des lèvres, tandis qu'il soufflait au visage de son petit compagnon une bouffée de fumée pâle.

Pris par surprise, Typhon s'éloigna vivement, ses petits yeux dorés lançant des éclairs rageurs. Décidé à bouder, le lézard partit se percher sur la rambarde, exposant ses écailles aux rayons rachitiques qui perçaient à travers les nuages.


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Morgan McLeris
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MessageSujet: Re: Appuyé contre la rambarde. [Libre]   Lun 2 Juin - 0:28

Fermée ? Comment ça, fermée ? Il était 15h30, et les horaires d'ouvertures indiquaient pourtant bien de 14 à 16h ! Pestant et grommelant intérieurement, Morgan jeta un coup d'œil au couloir désert. Il avait l'air malin, planté tout seul en face de ce secrétariat à la porte désespérément close. Sa mère avait décidément raison, l'administration, qu'elle soit moldue ou sorcière, ne valait pas un clou.

Histoire de faire preuve de sa mauvaise humeur, le jeune homme donna un petit coup de pied dans le battant, pied qu'il retira bien vite ...

"Sale petit vandale !"

Le bois venait de se fendre en deux, un chouilla plus haut que l'endroit où se trouvait une seconde plus tôt sa chaussure, mais ce n'était pas passé loin. Le jeune homme avait fait un bon en arrière en voyant la large bouche sombre qui se découpait à présent, éructant contre ses jeunes qui, aujourd'hui, ne respectait plus rien.

"Pardon ! Pardon v_v ! Bredouilla le garçon qui, malgré son ancienneté dans le monde sorcier, ne s'habituait toujours pas à ce genre de surprise. J'ai juste un papier à déposer et ..."

Morgan s'interrompit. La porte avait cessé de l'incendier, mais les lèvres de bois remuaient à présent de façon étrange, laissant échapper des sons de mastications tout à fait cripsant. Nez pincé dans une moue perplexe, le sorcier contemplait le spectacle.

"Donne le moi ..." Finit par lâcher son interlocutrice qui semblait abandonner à regret son activité incongrue. Une longue langue d'écorce se déroula soudainement vers lui, et Morgan recula de nouveau d'un pas prudent. Sans demander son reste, il déposa son enveloppe et s'éclipsa. Quelle journée de merde.

Déjà, le matin avait mal commencé. Doisneau l'avait réveillé à 4h par des miaulements désespérés. Il avait apparemment pendant la nuit redécoré la mansarde du jeune homme du fruit de son estomac, et pendant deux longues heures, le garçon chercha le sort le plus approprié pour faire disparaître tout ça. Ce n'était pas le produit en lui-même qui résistait, mais plutôt son odeur tenace. Voyant que l'animal s'était endormi, il avait décidé de se recoucher lui-même mais à 14h, le cirque avait recommencé.

Le blond s'était alors retrouvé dans la rue, courant vers l'université avec un chat miaulant à l'agonie dans son sac. Il craignait non pas de perdre de sa personne en transplanant, mais plutôt des moustaches du félin, ou pire. Il n'avait pas de quoi payer un vétérinaire, mais il espérait que l'infirmerie de Wingardium pourrait l'aider. Paniqué, il y avait attendu une bonne heure son abruti de chat qui, d'après les dires de l'infirmier quand il lui rendit, avait avalé une quantité beaucoup trop grande d'un aliment inidentifiable, mais surement peu ragoutant. Ajouté à cela l'épisode du secretariat, et vous obteniez une journée qu'il aurait mieux fallu passer au retourneur de temps.

Lentement, le garçon errait dans les couloirs peu peuplés du manoir. Au moins maintenant, il n'avait plus rien de prévu, et son seul souci était le chat qui commençait à s'agiter impatiemment dans son sac.

Un coup d'œil autour de lui l'acheva pourtant.

*Bravo le sens de l'orientation -_- ... Où est-ce que je suis maintenant ?*

Bien entendu, c'était toujours quand on en avait besoin qu'on ne trouvait personne. Et non, ce passage secret n'était pas descendu. Se retrouvant sans trop savoir comment au troisième étage, le jeune homme n'accéléra pourtant le pas. Quel intérêt de se perdre plus vite ? Avisant une porte, il la poussa ... Pour se retrouver au grand air ._.. Au moins maintenant, il savait de quel côté du manoir il se trouvait, c'était une avancée. Bien vite cependant, il n'était pas un rapide, mais enfin quand même, il se rendit compte que l'endroit était occupé. A tout autre moment, il aurait été gêné d'envahir l'espace vital de quelqu'un, et surtout, de restreindre le sien. Mais en ce moment, il avait quelque peu besoin d'aide ... Avalant sa salive, le blondinet passa son corps à la suite de sa tête dans l'entrebâillement, adressant un simple signe de tête à l'inconnu en guise de salutation.

"Excuse-moi heu ..."

S'il avait pu et malgré cette laborieuse entrée en matière, il aurait bien entendu continué. Sauf qu'il n'en eu pas l'occasion. Doisneau avait semble-t-il fini par trouver le temps vraiment trop long à présent qu'il avait récupéré toute sa santé, et, sortant la tête du sac où il se trouvait, avait aperçu un objet volant non identifié sur la balustrade. Un objet qui bougeait. Un objet qui vivait. Sans réfléchir plus loin, l'animal bondit de sa prison de toile avec un feulement rauque. Un bond et il était au sol. Le second se fit en direction de la balustrade et du dragon libellule qui boudait dessus. Le sang de Morgan ne fit qu'un tour, ce n'était pas la première fois qu'il verrait un être vivant se jetait d'un balcon, mais enfin, celui-ci risquait fort de ne pas rebondir :

"Mais ... Non ! Doisneau !"
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Priam Ardalle
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MessageSujet: Re: Appuyé contre la rambarde. [Libre]   Lun 2 Juin - 1:12

Avant que Morgan ne débarque, Priam était parfaitement détendu. Le calme, un petit vent, un rien de soleil, Typhon qui boudait, en somme tout allait bien. L'humeur du petit dragon aurait pu assombrir la sienne, évidemment, pourtant il n'en était rien. Priam le connaissait suffisamment pour être sûr et certain qu'il oublierait bientôt ses griefs et retournerait se nicher contre son cou, dans sa manche, sa poche ou tout autre endroit où il était susceptible de bénéficier de sa chaleur. Car, assez curieusement pour un dragon, Typhon était plutôt frileux. Son maître estimait que ce mal était d'origine psychosomatique, il voyait mal comment un lézard pouvait avoir froid.

Les prunelles dorées cherchèrent le dos de Typhon, s'y fixèrent pour admirer les reflets colorés dont le paraît les rayons pâles. Lorsque la lumière frappait l'une des écailles, elle y faisait naître tout un camaieu de bleus et de verts. Quant aux ailes transparentes, le spectre lumineux tout entier s'y déclinait. En dépit de sa petite taille, Typhon était, aux yeux de Priam, un véritable bijou. Mais un bijou au sale caractère, réfractaire à toute forme d'éducation.

L'apparition soudaine d'un visage inconnu le fit arquer un sourcil interrogateur. Puisque le quidam n'avait pas surgi en faisant claquer la porte, le visage déformé par un cri de terreur, Priam n'avait aucune raison de se montrer particulièrement désagréable avec lui. Quelles que soient les rumeurs qui pouvaient courir sur son dos, celles qui le disaient asocial étaient incorrectes. Il effectuait simplement un tri drastique. Répondant au salut muet de Morgan, Priam leva les sourcils et pencha faiblement la tête, écrasant sa cigarette sur les dalles.

Tout se passa alors très vite. Un chat jaillit du sac que portait l'inconnu, atteignit le sol puis bondit droit vers Typhon. Avoir six soeurs, cela aiguisait les réflexes, tout comme veiller sur l'enfance d'un bébé dragon qui, à sa naissance, mesurait à peine sept centimètres. En une fraction de seconde, Priam avait sauté sur ses pieds. Un battement de cil plus tard il tenait le-dit Doisneau entre ses mains. Quant au dragon, il avait réagi aussi vivement que son maître et volait à près d'un mètre de la rambarde, l'air courroucé.

"Tu l'as appelé Doisneau parce qu'il est aussi rapide qu'un flash ?" interrogea Priam en tournant l'ambre de ses prunelles vers Morgan.

"Puisque tu ne sembles pas être ici pour te débarrasser de ton chat, j'imagine que tu cherches la sortie ?"

La déduction était simple. Priam vivait au Manoir depuis trois ans déjà et le visage de son interlocuteur ne lui disait absolument rien. Il avait pourtant une excellente mémoire. Sans compter qu'avec l'obtention de son job de nuit, il avait eu droit à un très joli trombinoscope des élèves ayant une chambre au manoir. Cette tête blonde n'y apparaissait pas.


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Morgan McLeris
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MessageSujet: Re: Appuyé contre la rambarde. [Libre]   Lun 2 Juin - 21:13

En quelques secondes, Morgan avait vu sa vie défilée devant ses yeux écarquillés. Ou pour être plus exact, la vie son chat. La première fois qu'il l'avait vu, dans les bras de sa mère inquiète pour son fiston incapable d'adresser la parole à tout être vivant de la même espèce que lui, les premiers mois de la vie du chaton qui était resté bien longtemps sans nom, les péripéties qu'il avait traversé en France, la douane étant un peu pointilleuses sur les vaccinations ... Il s'attendait déjà à entendre le miaulement déchirant, l'affreux bruit quand l'animal entrerait en contact avec le sol, mais rien ne venait. C'est vrai qu'on était "seulement" au troisième, et après tout, les chats étaient reconnu pour leur faculté à atterrir sur leurs pattes ... Non ? Plein d'espoir, le jeune homme souleva les paupières qu'il avait baissé une fraction de seconde, ne pouvant pas voir ça.

Un long soupir de soulagement s'exhala de sa poitrine étroite. On avait évité le pire. Les muscles du jeune homme se détendirent après avoir frôlé la crampe.

"Mais quel abruti ce chat ..." Soupira-t-il d'un ton soulagé, exprimant plus d'affection pour la pauvre bête que de colère, et ce malgré ses mots.

Au bout du bras de Priam, dans la prison de ses doigts, le noiraud se débattait, apparemment très mécontent d'avoir été interrompu en pleine chasse. Un miaulement enragé lui avait échappé lorsque le jeune homme l'avait attrapé et d'un coup de patte, il avait tenté d'atteindre son visage, sans réussir au vue de la longueur des bras qui le retenaient. Furieux, il se tortillait à présent en tout sens, ses yeux d'un vert brillant alternativement fixé sur le visage inconnu, puis sur la proie qui lui avait échappé. Coups de patte après coup de patte, il s'évertuait apparemment à entailler autant qu'il le pourrait la peau qui le maintenait.

Très gêné, son maître s'approcha pour reprend délicatement l'animal des mains du jeune homme, bravant à son tour les coups de griffe :

"Chuis vraiment désolé, il sait pas se tenir ... Ca va tes bras ?"

L'animal fut fourré dans le sac tel un enfant désobéissant au coin, et le garçon posa sa main blessée sur sa tête et son dos, calmant la bête qui, continuant dans la métaphore, baissa le museau d'un air boudeur, disparaissant presque entièrement dans la prison de toile.

"Je l'ai appelé Doisneau ... Je sais pas en fait, j'ai longtemps séché et j'aime ses photos ... Mais il le mérite pas ce nom, j'aurai dû l'appeler Nicéphore, ça lui aurait fait les coussinets -_- ..."

Jetant un regard d'excuse à l'inconnu, il l'observa pour la première fois plus attentivement. C'était étrange qu'avec un physique pareil, il n'est pas plus de photos de lui. Il s'en rappelait bien de deux-trois, mais il était incapable de mettre un nom sur ce visage, ni même une filière ou une année ... Quoique une filière ... Les yeux sombres de Morgan s'étaient figés sur le petit hippocampe volant. Fasciné, tout comme le félin quelques secondes auparavant, il resta un instant muet, malgré la question qui lui avait été posée. A vrai dire, il réfléchissait à un moyen de rendre sur pellicule les reflets chatoyants de l'animal.

"Hein ? Oh oui c'est ça, la sortie ... Il a fait assez de tentatives de suicide comme ça pour aujourd'hui, et j'ai vraiment pas le sens de l'orientation."

Replaçant d'un mouvement du bras son sac correctement sur son épaule frêle, le jeune homme fit un tour d'horizon. Il savait de quel côté il était mais ça n'arrangeait finalement pas beaucoup ses affaires ... En se tordant le coup, il apercevait la bibliothèque et son imposante horloge. Cependant, son regard revint bien vite au lézard volant :

"C'est autorisé les dragons comme animal domestique ? J'ai jamais été très assidu pendant les cours de classification des espèces magiques ..."
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Priam Ardalle
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MessageSujet: Re: Appuyé contre la rambarde. [Libre]   Lun 2 Juin - 23:23

Alors que Morgan se remettait de ses émotions, le cœur de Priam avait à peine accéléré sa cadence. Encore heureux qu’un futur dragonnier ne frôle pas la rupture d’anévrisme à chaque situation critique. Si les souvenirs du jeune homme étaient bons, c’était d’ailleurs sur leur capacité à agir et réagir vite et bien que les élèves de sa filière étaient évalués. Choisir la voie de la dragonnerie ce n’était pas forcément parier sur une vie longue et paisible. Le corps de Priam portait déjà quelques cicatrices héritées de brûlures suffisamment profondes pour que même la magie ne soit pas en mesure de les effacer tout à fait.

Les mâchoires crispées, Priam répondait aux regards vénéneux du félin par un calme olympien. S’il gardait le dénommé Doisneau entre ses mains, c’était moins par goût masochiste que pour de une lui éviter de finir en rôti, de deux empêcher Typhon de se mettre vraiment en colère. La direction avait certes accepté de le voir débarquer avec un dragon miniature, mais il avait omis à son sujet un tout petit détail. Détail qu’il ne tenait pas à voir éclater au grand jour et en présence d’un spectateur.

« Moins bien qu’avant. » répondit Priam au jeune homme tandis qu’il remontait ce qui restait des manches de sa chemise noire pour prendre la mesure des dégâts. De longues estafilades d’un beau rouge incarnat marquaient la peau pâle.

« Je vais devoir passer à l’infirmerie. » constata machinalement le blessé en lançant un regard à Typhon comme s’il le rendait responsable de toute l’affaire. Sensible à l’accusation muette, le dragon y répondit en fouettant l’air de sa queue. Inquiet toutefois pour son maître, il vint tout de même se percher sur l’épaule de Priam afin d’examiner lui aussi les blessures.

« Je pourrais peut-être te cautériser cela… » suggéra-t-il en frottant le sommet de son crâne contre la mâchoire du jeune homme. A l’écoute de la proposition, Priam éclata de rire et secoua la tête.

« Non merci. Ce n’est pas profond et ça pique à peine. Je survivrai. » répondit-il à son animal dans cette langue curieuse qu’est celle des dragons.

« Tu devrais faire plus attention à tes jugements, qui te dit qu’il n’y a pas un Nicéphore ici… » lança-t-il ensuite à Morgan, d’un ton ambigu qui ne permettait pas de déterminer s’il était sérieux ou s’il le taquinait.

Profitant du silence réflexif de son vis-à-vis, Priam l’observa à son tour avec un peu plus d’attention. Curieusement, tandis qu’à première vue il était certain de ne l’avoir jamais rencontré, les minutes qui s’écoulaient rendaient presque caduque cette certitude. Morgan lui disait quelque chose. Mais s’il avait déjà croisé ce visage, ce n’était pas à la faculté. C’était bien avant, à Poudlard. Peut-être.

« Normalement c’est interdit, mais l’administration a fait une exception, ce n’est pas comme si je ramenais à Magyar pour me tenir chaud. Si on devait comparer leur dangerosité, je suis sûr que ton Doisneau l’emporte. »

Il mentait, certes, mais mieux valait être prudent. Typhon, plus intelligent qu’il n’en avait l’air, ne fit valoir aucune récrimination, préférant se soustraire au regard inquisiteur de Morgan en se glissant contre la nuque de son maître, dissimulé par les mèches amarante.

« Si tu veux que je te serve de boussole, tu devras m’accompagner jusqu’au premier pour que je fasse désinfecter ça – rapide mouvement de menton en direction des plaies où le sang coagulait déjà – ensuite je te ramènerai jusqu’à la sortie, en évitant les fenêtres. »

Sans laisser le temps à Morgan de répliquer, Priam s’était déjà engagé dans le couloir, prenant le chemin qui le mènerait aux escaliers. L’autre garçon le suivrait, il n’avait pas réellement le choix.

« Tu n’étais pas à Poudlard avant ? » lui demanda-t-il alors.
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Morgan McLeris
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MessageSujet: Re: Appuyé contre la rambarde. [Libre]   Mar 10 Juin - 13:22

En ce cas, jamais le jeune homme n'aurait pu être accepté en Dragonnerie. Il avait toujours été, malgré son masque de froideur, un être à fleur de peau, et c'était peine perdue que, depuis des années, il essayait de s'endurcir. Et de toute façon, il n'était pas non plus assez courageux pour ce genre de filière, les seuls risques qu'il prenait étant photographiques.
C'est avec une admiration certaine bien que camouflée autant que faire se peut que le blondinet observait son vis à vis. Il en avait toujours eu assez facilement et pour tout, présentement, c'était le stoïcisme de Priam devant l'état de ses bras à vif qui emballait l'ex-poufsouffle. Lui-même avait récolté quelques griffures au passage, mais plus superficielles. Et puis de toute façon, ce n'était pas lui le héros sauveur de chat, il va donc sans dire qu'il souffrait forcément moins.

Les joues du jeune homme avait rougi. Être à l'origine des blessures de son camarade était loin de le réjouir, comme on peut s'en douter. Le flot d'excuses qui aurait d'habitude jailli tel l'eau de sa source restait bloqué dans sa gorge et il n'avait que réussi à en balbutier quelques unes, bien pitoyables. Toutefois, son embarras fut vite stoppé dans son élan par l'étrange discussion qui s'en suivit. Pour le néophyte qu'il était, ce qui venait de se passer était extrêmement étrange et totalement dépourvu de sens. Le mini dragon avait émis quelques cris, chose jusque là normale, mais cris auquel le maître avait répondu ...Oui, c'était vraiment l'impression qu'il avait donné, avec ces sons rauques qui avaient semblé sortir du fin fond de sa gorge ...

Aux quelques mots compréhensibles du jeune homme, la gratitude et la sympathie qu'il ressentait pour lui fondirent comme neige au soleil. Se mordant la lèvre inférieure, Morgan se tassa légèrement, rentrant la tête dans les épaules dans une discrète attitude méfiante qu'il s'efforça de cacher, comme la plupart de ses autres sentiment, au mieux. C'était lui qui avait dit quelque chose d'idiot mais c'était la faute de Priam, quoiqu'on dise.

*On devrait rayer la race humaine de la surface de la terre. Et il resterait que moi. Et comme ça, j'aurai pas besoin d'essayer d'entrer en communication avec qui que ce soit, vu qu'il y aurait que moi !*

Morgan n'aimait pas qu'on le taquine. Tout simplement parce qu'il ne savait jamais comment y répondre, du moins quand il ne connaissait pas la personne. Et là en l'occurrence, il ne connaissait pas Priam. D'ailleurs, doué comme il l'était, il avait peut-être mis les pieds dans le plat. Peut-être que l'inconnu s'appelait Nicéphore. Peut-être qu'il allait tourner en rond pendant des siècles dans ce foutu manoir, abandonné par son guide vexé, tout ça parce qu'il avait essayé d'être un peu sociable et donc, comme la plupart des personnes normalement constituées, de faire un peu d'humour. Mais c'était mauvais, il valait mieux qu'il se contente des réponses de base. Oui. Non. Peut-être. Des phrases non grammaticales, ou alors à la rigueur, sujet-verbe-complément. Pas plus, après tout il savait bien que ça ne lui réussissait pas.

Morgan donc n'avait pas répondu au jeune homme, ou du moins, il n'avait pas répondu de façon compréhensible puisque toutes les maigres réponses qui lui étaient venues s'étaient mêlées dans un affreux n'importe quoi qu'heureusement, il n'avait fait que marmonner. Se contentant d'hocher la tête à la réponse de Priam à propos du dragon qui se soustrayait à son regard, au grand regret du jeune homme, une moue chiffonna ses lèvres fines tandis que, surpris, il emboîtait le pas au garçon.

"Non. Oui. Enfin ça dépend, Doisneau ne peut pas transformer les gens en côtelette." Marmonna-t-il de façon plus audible que la première fois.

Hâtant le pas pour se maintenir à la hauteur du dragonnier en herbe, Morgan jeta un coup d'oeil à la chevelure flamboyante derrière laquelle se cachait ledit barbecue volant.

"J'en viens de l'infirmerie ... Enfin pas directement, mais j'y suis passé. J'comprends pas comment j'ai pas réussi à ... Oui j'étais à Poudlard. A Poufsouffle. C'est pour ça que ça m'agace de toujours me perdre dans un manoir sorcier, alors que j'ai passé 7 ans dans un château quand même plus grand !"

Silence.

"Remarque, je m'y perdais déjà. Dans le château. Tu étais à Serdaigle non ?"

Les couloirs filaient et déjà, le blond avait l'impression de n'être absolument pas arrivé par là.
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Priam Ardalle
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MessageSujet: Re: Appuyé contre la rambarde. [Libre]   Mar 10 Juin - 22:54

Hum. A voir la réaction de l’inconnu, ce brusque repli sur lui-même qu’avaient causé ses mots, Priam comprit qu’il devrait à l’avenir éviter d’avoir recours à la plaisanterie. En temps normal c’était une approche sensée vous rendre plus sympathique aux autres mais tout le monde ne semblait pas y être sensible. A moins qu’il s’y prenne mal, ce dont le jeune homme pouvait à la rigueur convenir. A sa décharge, il manquait d’entraînement. N’étant pas du genre à envoyer même un regard d’excuse, il choisit donc de faire comme s’il n’avait rien remarqué. Pourvu que son interlocuteur ne fonde pas en larmes. Priam détestait toute dramatisation, il y était devenu allergique depuis que sa mère et ses sœurs essayaient de l’y noyer.

« Typhon non plus. Même s’il aimerait beaucoup. » corrigea Priam avec une moue amusée, levant la main pour venir effleurer le dos du dragon dont les ailes lui chatouillaient la nuque.

Sentant qu’on parlait de lui, le monstre fourragea du nez dans les mèches soyeuses qui obstruaient son horizon. Sa tête minuscule s’échappa bientôt de la masse fauve pour venir jeter à Morgan un regard sournois, les yeux mi-clos prenant la mesure de la menace que cet étranger représentait pour lui, son maître et même pour son égo.

« C’est une simple question d’observation. Tu dois mémoriser différemment du commun des mortels. » supposa Priam en haussant une épaule, visiblement pas dérangé par le manque d’orientation de son compagnon.

« Et si tu te perds davantage ici qu’à Poudlard c’est certainement parce que tu trouves moins d’éléments intéressants à mémoriser. »

Priam fut surpris par sa propre prolixité. Ce blondinet qui lui courrait presque sur les talons le mettait à l’aise sans rien faire pour. C’était par ailleurs la meilleure des façons, le futur dragonnier ne supportant pas l’affectation des prises de contact avec leurs lieux communs et leurs questions rhétoriques.

Alors que sa main appuyait sur la poignée de porte de l’infirmerie, Priam lança à Morgan un regard sincèrement surpris.

« Effectivement. Je suis impressionné… »

Morgan et lui n’étaient pas dans la même année, pas dans la même maison. Pour sa part il avait tout juste été capable de se souvenir vaguement du visage du Poufsouffle, et ne l’avait replacé dans le cadre du Collège davantage en faisant appel à sa logique qu’à sa mémoire. Aussi, que Morgan soit capable et de se souvenir de lui et de le replacer et de lui attribuer la bonne maison, alors qu’ils ne s’étaient jusqu’ici jamais parlé – de cela Priam était certain – cela l’époustouflait presque.

« Bonjour. Priam Ardalle, troisième année. Pourriez-vous désinfecter cela. »

Il s’agissait moins d’une question que d’un ordre, mais cet ordre déguisé n’avait pourtant rien d’arrogant. Priam était quelqu’un d’autoritaire, mais cette autorité avait quelque chose de si naturel que lorsqu’il en faisait usage elle n’indignait personne. L’infirmière – une gentille bonne femme aux allures de maman gâteau – hocha simplement la tête et partit chercher le nécessaire tout en gribouillant l’identité de son patient sur son bloc. En l’attendant, Priam se hissa sur l’un des lits.

« Si elle me demande qui m’a fait ça, et elle le demandera certainement, ne serait-ce que pour sa fiche, je lui dirai que c’est un chat errant. Essaie de garder Doisneau dans ton sac à ce moment là. »

Le règlement intérieur était assez strict. Le changement de directeur l’avait peut-être relâché, mais Priam n’en était pas sûr et il n’avait pas particulièrement envie de voir Doisneau séparé de son maître.
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Appuyé contre la rambarde. [Libre]
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